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Maurice El Médioni : « Descarga Oriental »


Un Régal En Clave

C’est une Musique pure et puissante qui réconcilie les hommes et efface les barrières.

On retrouve les sources persanes, les luthistes, les mélodies hispaniques, juives et arabo-andalouses, les rythmes de Cuba et des Caraïbes hispaniques.

Des sonorités sorties de la nuit du temps. La mémoire collective qui nous interpelle dans la rue ou dans un café. Des sons que l’on reconnaît sans savoir pourquoi...

Une musique sans étiquette venue d’ailleurs et née ici, aux rivages de la méditerranée.

Chapeau Maestro El Médioni !

Ernesto Concha
Salsapaca

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Maurice El Médioni
Entre Oran, Marseille et Cuba
maurice el medioni
Paris 27/03/2006 - En rencontrant Roberto Rodriguez, percussionniste cubain de New York, le pianiste oranais Maurice El Médioni, boucle la boucle, entre musique orientale, rumba, jazz et variétés françaises. Il propose aujourd'hui un nouvel album intitulé Descarga Oriental, The New York Sessions.

Ça se danse comment, ça ? Percussions et cuivres cubains, mais le piano joue un rythme curieux, quelque part entre Oran et La Havane, avec des couleurs de port, des humeurs de lointain, le grain des rencontres de cabaret. Le casting est incroyable : Maurice El Médioni, oranais vivant à Marseille et Roberto Rodriguez, cubain de New York passé par Miami après le départ de son île natale. Et le texte de la chanson Oran Oran, qui ouvre l’album Descarga Oriental, reprend toutes les mélancolies de l’exode pied-noir :

"...Tu as assisté à ma naissance/Dans le derb j’ai passé mon enfance/C’était pas Biarritz/Y’avait rue d’Austerlitz/La rue de Wagram/Et la place d’Armes/Je n’avais jamais pris de vacances/Je ne connaissais même pas la France (…) Oran, Oran, je ne t’oublierai pas/Moi aussi je pense à toi..."


La rencontre des deux musiciens est incroyable mais assez naturelle, au fond : le pianiste oranais n’a jamais caché sa passion pour la musique latine et les musiciens cubains grandissent tous dans une culture créole prompte au mariage et à l’assimilation. Alors, après les manifestes orientaux de ses disques précédents (Café Oran en 1997, Pianoriental en 2000), Maurice El Médioni a mis le cap sur New York…
A sa naissance, en 1928, son père et son oncle sont associés dans la gestion d’un cabaret, rue de la Révolution, au cœur du derb, le quartier juif d’Oran. Le soir avant d’aller se coucher, le petit Maurice va voir son père et, quand il remonte, prend une poêle à frire pour s’en faire un oud, une fourchette pour faire un violon. Car ce café est le cœur musical d’Oran : son oncle, le violoniste et chanteur Saoud El Médioni, alias Saoud l’Oranais, est le maître du hawzi, forme populaire de la musique arabo-andalouse. En tant que tel, il initiera Reinette l’Oranaise et Lili Boniche. Mais pas directement Maurice El Médioni car le père de celui-ci meurt brutalement quand il a sept ans, en 1935. L’oncle Saoud décide de vendre ses parts et s’en va à Paris. Il ne reviendra plus : resté en métropole pendant la guerre, il est pris par les Allemands dans la rafle du Vieux Port à Marseille, en 1943. Le plus influent musicien juif d’Algérie sera gazé le jour de son arrivée au camp d’extermination de Sobibor.
Entre temps, à Oran, c’est sur un vieux piano acheté aux puces par son frère aîné que Maurice El Médioni s’est mis à la musique, manifestant des dons magistraux. Mais, à ce moment-là, on n’écoute plus guère de musique orientale chez les jeunes gens de sa génération, qui ne pensent qu’à Tino Rossi, Maurice Chevalier ou Charles Trenet. Ce sera plus tard, lorsqu’il aura dix-huit ans, qu’il va plonger dans la musique orientale qui pourtant l’environne au quotidien. Fou de jazz, il s’est initié au boogie woogie avec les soldats américains installés en Algérie après l’opération Torch, fin 1942. Et il a découvert la musique latine avec les Portoricains sous uniforme américain. Il joue dans un café d’Oran quand trois jeunes Maghrébins viennent lui demander de l’accompagner dans une chanson arabe. Il applique sa technique jazz et ses phrasés latins à la mélodie orientale qu’il n’a aucun mal à suivre. En quelques instants d’improvisation, il pose instinctivement les fondements d’un jeu qui va devenir un des plus célèbres de la variété algérienne des années 50 : son accompagnement de rumba internationale s’accorde parfaitement au raï des faubourgs et, dès le soir même, il joue en public avec ses trois copains de rencontre. Il amorce une carrière qui le verra notamment chanter avec le musulman Ahmed Saïdi dans les rangs de l’Orchestre moderne oranais, mais aussi avec l’immense Line Monty, plus grande vedette féminine de l’époque.

maurice el medioni
El Médioni et Lili Labassi

C’est l’apogée, en Algérie, d’une musique de l’on appelle indifféremment judéo-arabe, judéo-andalouse, judéo-algérienne ou même francarabe, puisqu’elle mêle des apports des deux côtés de la Méditerranée. Lili Labassi, Lili Boniche, Blond Blond, Salim Halili sont d’énormes vedettes qui confrontent des airs traditionnels algériens à Bambino, adaptent les Compagnons de la chanson en arabe ou sèment leurs chansons de couplets en français… Le film de Michèle Mira Pons, Alger Oran Paris, les années music-hall, qui vient de sortir en DVD, permet une passionnante rencontre avec cette époque et ces répertoires.
L’indépendance de l’Algérie va mettre fin à cet âge d’or. Le FLN a donné aux Juifs d’Algérie le choix entre "la valise ou le cercueil". Maurice El Médioni arrive à Paris en 1961, sans espoir de retour sur sa terre natale. Le jour, il est tailleur pour hommes dans sa boutique, entre la rue de Ménilmontant et le boulevard Saint-Martin. Le soir, il est tout près de là, rue du Faubourg-Montmartre, dans un cabaret où il accompagne les géants exilés de la musique andalouse, Lili Labassi ou Reinette l’Oranaise, l’élève préférée du grand Saoud.
Mais Paris est trop froid. En 1967, il retourne au bord de la Méditerranée, abandonne la musique et s’installe à Marseille, où il a acheté un magasin de prêt-à-porter sur la Canebière. "Un poisson ne peut pas vivre sans eau", pourtant : il recommence vite à jouer. Certes, il vient de loin en loin à Paris, notamment pour accompagner Line Monty dans ses récitals, mais il tient sa carrière en sommeil. Revenu depuis quelques années sous l’attention du public world, il poursuit maintenant l’aventure d’une musique à la généalogie complexe en y inventant Cuba. Comme jadis à Oran, dans les cafés de la Corniche, où des GI parlant espagnol lui expliquaient la rumba.


Bertrand Dicale
RFI

Selección Salsapaca


descarga oriental
Autor-compositor : Maurice El Médioni.
Producido y arreglado por Roberto Rodríguez.

Músicos :

Maurice El Médioni (piano, órgano y vocal)
Natalie Michán (vocal)
Jennifer Vincent (bajo)
Ben Lapidus (tres)
Oscar Oñoz (trompeta)
Nir Z (darbuka)
Roberto Rodríguez (percusión)

descarga oriental
Maurice El Médioni meets Roberto Rodriguez
"Descarga Oriental. The New York Sessions"
Piranha / Indigo / Nocturne

Distribution en France: Métisse Music S.A.R.L.

Maurice El Médioni es realmente un Original. Su música está impregnada de diversas influencias : a partir de la Litúrgia judía hasta el Raï, de los Romances españoles pasando por la Salsa hasta el Jitteburg y el Jazz. Su música es exquisita y posse la riqueza musical propia de los grandes músicos de origen cubano.

Encargado de la producción y de los arreglos, mi función era la de crear un enlace entre dos mundos. Al escuchar su música, la conexión entre arabe et sefardí era evidente ; también la
fuerte presencia de los ritmos africanos y de las bellas y románticas melodías de las canciones cubanas.

Sentí gran emoción cuando me encontré con Maurice la primera vez en París en el año 2005. Estabamos reunidos un judío argelino de Orán llegado a Marsella vía París y un cubano de El Vedado, la Habana desembarcado en Manhattan vía Miami. Una de las primeras cosas que Maurice me dijo con su apasionado acento franco argelino fué : « Roberto ! Vamos a hacer una música exquisita. La gente de nuestros países son personas magníficas ! » Sus palabras comenzaron a relajarme y a partir de ese preciso momento, supe que era el comienzo de algo extraordinario.

Era verdaderamente algo muy especial aquel proyecto tan concreto sobre la música ! Después de poner en Clave las melodías y de armonizar el conjunto, entramos al estudio. Manteniendo siempre a Maurice en primer plano, fue posible incluir toda la gama de influencias y de estilos ritmicos de origen cubano : el Conjunto, el Dengue, la Guaracha, la Guajira, el Sexteto Típico, el Son y un poco de Bembé y Guguanco. Con Maurice era simple, él mantenía el Tempo y su Groove era excelente, ustedes van a escucharlo. Cuando Maurice sonrié tu sabes lo que lo que va a pasar…

Arsenio Rodríguez, el tresista cubano, compositor y director de orquesta le enseñó a Rubén González que nunca debería imitar a nadie. « Sé siempre original. Haz tus cosas sin preocuparte de lo que dicen los demás ». El « Gran » Médioni posse las mismas cualidades. Su música sale y habla con el corazón.

Roberto Rodríguez
Traducción : Ernesto Concha

21/08/2006

maurice el medioni
Maurice El Médioni (1950)

Revue de Presse:

Maurice el Médioni
"Originaire d’une famille de musiciens d’Oran en Algérie, Maurice Médioni est dès l'âge de 18 ans l’un des plus fin spécialistes de la musique judéo-arabe. Sa musique est un mélange d’influences égyptiennes, andalouses et juives. En 1961, Maurice El Médioni quitte l’Algérie pour Israël. Il y séjournera quelques temps avant de s’installer en France, à Paris puis à Marseille où il habite toujours": Mondomix

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14/03/2006 - Oriental-Cuba-Jazz
Maurice El Médioni meets Roberto Rodriguez
"Descarga Oriental. The New York Sessions"

"Enregistrer un album avec Roberto Rodriguez, prodige latino-américain des percussions, Maurice El Médioni, lui-même pianiste oriental sublime, en rêvait. C’est maintenant chose faite. Dans "Descarga Oriental", ces deux musiciens d’exception plongent l’auditeur dans cet abondant fonds commun de traditions musicales multiples, qu’il s’agisse de raï ou de salsa, de klezmer ou de jazz".


Matthias Schneider - arte http://www.arte.tv/fr/

 

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